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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 09:00

2 décembre 1814 (74 ans) asile de Charenton, Charenton-Saint-Maurice.

Le seul portrait authentifié.

Le ''divin marquis'' vit le jour le 2 juin 1740 (mais en 2040 je crains de ne plus être de ce monde) à Paris à l'hôtel de Condé, où se trouve aujourd'hui le théâtre de l'Odéon.

Baptisé à Saint-Sulpice hors la présence de ses parents, parrain et marraine, il recevra les prénoms de Donatien Alphonse et François. Les deux premiers étaient prévus, la troisième aurait dû être Louis.

Ses trois premières années se passeront sur le lieu de sa naissance, son éducation ne cessa de le convaincre de sa supériorité, d'avoir été comblé par la naissance comme par la nature, de disposer de ce fait de pouvoirs et de droits que nul ne pouvait lui contester.

À 10 ans il entre au collège Louis-le-Grand, à 14 il intègre l'École des Chevau-légers de la garde du roi, à 17 le s carabiniers du comte de Provence et participe à la guerre de Sept ans, à 19 il est capitaine au régiment de Bourgogne.

Ses états de service soulignent son courage mais aussi son mauvais caractère, son goût pour le jeu et la débauche. Pour tenter de le remettre sur le droit chemin son père lui fait épouser Renée-Pélagie de Cordier de Montreuil après que d'autres épouses potentielles aient rejeté sa proposition en raison de la réputation de Donatien. Finalement les jeunes mariés s'entendront ce qui n'empêche pas Sade de continuer à fréquenter divers bordels où il a ses habitudes.

Ses déboires avec la justice commencent le 29 octobre 1763 quand il est arrêté pour ''débauche outrée''. Surveillé par la police c'est grâce aux rapports de celle-ci que nous suivrons les activités du jeune marquis.

Très vite ses habitudes mêlant violence et menaces vont être connues et sa fréquentation redoutée même des prostituées, les auteurs catholiques, tel Restif de la Bretonne, grossiront le trait pour en faire un tortionnaire. Grâce à l'argent de sa famille et à ses relations il échappera à la prison pour être condamné à six mois de détention.

Passionné de théâtre il dépense sans compter et connait un vrai succès comme metteur en scène de pièces de Voltaires, Chamfort et autres. Il semble s'être tranquillisé.

Ça ne va pas durer ! Le 25 juin 1772 il distribue des pastilles à la cantharide à ses partenaires, deux se croiront empoisonnées, les autres seront malades. Sade fuit à Venise avec sa chanoinesse de belle-sœur et maîtresse Anne-Prospère de Launay. Quand il reviendra en France il sera arrêté, s'évadera, sera arrêté encore en 1777. Enfermé à Vincennes puis à la Bastille, où il sera surnommé Monsieur le 6, son comportement ne fera que retarder sa libération.

Début juillet 1789 il est encore à la Bastille quand il hurle par la fenêtre que que les prisonniers sont égorgés et qu'il faut venir à leur secours avec pour effet qu'il sera transféré à Charenton, hospice pour malades mentaux. Il laissera tout ce qu'il possédait et plusieurs de ses œuvres seront perdues.

Le manuscrit des Cent Vingt Journées de Sodome sera lui retrouvé dans sa chambre sous la forme d'un rouleau de 12 m de long. Ce texte mérite un article à lui tout seul que je rédigerai plus tard si je trouve le bon moyen de l'aborder.

Le 2 avril 1790 après l'abolition des lettres de cachet il est libéré. Ses treize années d'enfermement l'ont déformé, il est devenu si corpulent qu'il peut à peine se remuer, reconnaît-il. Ayant rejoint le mouvement révolutionnaire il sauvera ses beaux-parents alors que sa belle-mère l'avait fait emprisonné. Mais Robespierre le déteste. À nouveau Sade est incarcéré le 8 décembre 1793. Le 26 juillet 1794 il est condamné à mort par Fouquier-Tinville. Il échappe à la guillotine, par désorganisation du système carcéral ou par l'intervention, monétaire, de ses amis ? Le débat est ouvert.

Faute de capacité à rester actif physiquement il l'est littérairement et gagne sa vie en écrivant des ouvrages pornographiques clandestin. Ses textes étant plus subversifs qu'indécents ils choquent une société désireuse de retrouver ordre et moralité dans la cage d'un bien être supportable.

À nouveau il est arrêté, transféré à Sainte-Pélagie, sans jugement, puis à Bicêtre, et finalement à Charenton pour cause, non de folie, mais de démence libertine !

Dans cet hôpital il trouvera pourtant, en la personne de M. de Coulmier, son directeur, une oreille bienveillante qui, croyant en la vertu thérapeutique du spectacle, organisera des représentations auxquelles peuvent assister plusieurs dizaines de malades et des spectateurs ''normaux''. Pourtant il reste suspect et en 1808 le préfet Dubois signe son transfert au fort de Ham (qui en manque pourtant !). Fouché, sur intervention de sa famille, autorisera Sade à rester à Charenton.

Il décédera le 2 décembre 1814 des suite d'un œdème aigu du poumon, conséquence probable d'une crise cardiaque. En opposition avec ses dernières volontés il sera inhumé dans le cimetière de la maison de Charenton lui qui se voulait enseveli dans un bois de sa terre de la Malmaison.

L’œuvre et la philosophie de Sade exigeant plus de quelques lignes il est impossible de les évoquer ici mais je vous conseille la lecture de la première pour découvrir la seconde.

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Publié par Lee Rony - dans Divers
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