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1 mars 2015 7 01 /03 /mars /2015 09:13

Georges Franju – 1959

La collection ''Angoisse'' des Éditions Fleuve Noir est une mine de romans de qualité, Français pour la plupart mais incluant quelques traductions sur lesquelles je reviendrais peut-être puisque pendant de longues années je l'ai collectionnée, sans parvenir à en posséder l'intégralité.

Les Yeux sans visage fut donc à l'origine un livre, paru en 1959 mais rapidement porté à l'écran par Georges Franju puisque le film sortit l'année suivante sur les grands écrans dans une adaptation de Boileau et Narcejac.

Le docteur Génessier est un chirurgien esthétique riche et célèbre, malheureusement au cours d'un accident dont il est responsable sa fille subit de graves atteintes au visage. La culpabilité lui fait donc chercher le moyen de greffer un visage à Christiane et pour cela il doit expérimenter sur des jeunes filles qui ne sont pas consentantes pour cela.

Argument simple pour un film qui louche vers les productions de la Hammer de l'époque par son ambiance fantastique et, parfois, sanguinolente, encore qu'aujourd'hui ces séquences passeraient-elles pour anecdotiques. À l'époque elles eurent un impact important sur des spectateurs moins blasés que ceux d'aujourd'hui. Mais l'important n'est pas là. Ce qui fait l'intérêt de cette réalisation de Franju c'est l'ambiance flirtant avec le poétique à la Cocteau grâce à Édith Scob qui incarne Christiane avec délicatesse, errant comme une ombre, n'ayant en guise de visage qu'un masque de protection et pour s'exprimer sa gestuelle et son regard qui observe sans voir ni comprendre ce qui est fait par son père pour lui rendre son apparence perdue, ou une autre qui en soit proche.

L'autre élément important du film c'est le père en question, magistralement, j'allais écrire, monstrueusement, incarné par Pierre Brasseur. Professeur hanté par sa responsabilité mais aussi désireux d'une première qui le ferait entrer dans l'histoire, chirurgien novateur, comme Frankenstein ! Presque un tueur en série justifiant ses exactions par une quête dont il se doute bien qu'elle sera vaine.

L'enquête policière, sur la disparition des jeunes filles, apporte un élément distractif important, ancrant l'histoire dans le réel alors que l'ambiance, aidée par le noir et blanc et le trio Scob, Brasseur (père, le fils jouant un des policiers) et Valli (la secrétaire du professeur et appât dévoué) semblent d'un autre monde, encore plus inquiétant que le nôtre.

Le cinéma français s'est rarement (dés)orienté vers le fantastique, avec Franju et Les Yeux sans visage il le fit avec une réussite reconnue dans le monde entier. C'est assez rare pour le signaler.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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