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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 09:00

Jean-pierre Melville – 1967

Jef Costello vient de tuer le patron d'une boîte de jazz, le Matheys, normal puisque c'est son métier. Entré discrètement il n'est aperçu en sortant que par la pianiste du club, Valérie. L'enquête qui suit le crime s'oriente vers lui malgré son alibi mais Valérie ne le reconnaît pas, à la surprise de Jef.

Qui dit tueur à gages dit tueur, certes, mais aussi gages. Toute peine mérite salaire n'est-ce pas ? Mais quand Jef se rend à un rendez-vous sur la passerelle du chemin de fer d'Ivry, avec l'intermédiaire qui doit le payer il est attaqué par celui-ci qui le blesse au bras.

Contre toute attente alors qu'il rentre chez lui pour se soigner, et nourrir le bouvreuil qui lui tient lieu d'animal de compagnie, il retrouve l'homme qui vient de tenter de le tuer, mais celui-ci adopte un tout autre comportement puisqu'il lui paye ce qu'il lui devait pour l'assassinat déjà perpétré et d'avance pour une nouvelle mission, ce qui n'est pas l'habitude dans cette profession.

Costella accepte mais agresse son visiteur pour lui faire avouer le nom de celui qui voulait l'éliminer et son adresse.

Dehors la police, qui pense toujours qu'il est le coupable bien qu'il n'ait pas été reconnu, le suit mais le perd dans le métro.

L'adresse qu'il possède est celle de l'appartement de Valérie, sans surprise il reconnaît le commanditaire du meurtre et le tue sans hésitation, après quoi, puisqu'il déjà encaissé l'argent d'un autre contrat il retourne au club pour abattre Valérie, sa nouvelle cible.

La police qui a toujours cru en la culpabilité de Costella l'y attend, quand le tueur sort son arme pour menacer la pianiste il est abattu. En ramassant le pistolet de Jef le commissaire s'apercevra que celle-ci n'était pas chargée.

Un film fascinant par sa sécheresse, l'inutile a été retiré par Melville, reste un homme et ses actes. Le reste a disparu. Delon occupe l'écran par sa seule présence, il est silencieux, presque absent, en fait il semble vide de désir, de volonté, simplement animé par l'habitude et l'instinct, pris dans l'ambre de la routine. S'il choisit de se faire tuer par la police c'est sans doute parce que c'est plus valorisant pour l'image qu'il se fait de lui-même et à laquelle il craint de ne pouvoir croire plus longtemps. Ses costume, chapeaux et imperméables n'étaient que les barreaux d'une cage plus sinistre que celle de son oiseau.

Il n'y a pas de plus profonde solitude que celle du samouraï si ce n'est celle d'un tigre dans la jungle... peut-être.

Le Bushido (le code des samouraïs)

 

Costello s'est peut-être rêvé le premier, imaginé être le second. Comprendre qu'il n'est ni l'un ni l'autre l'amenait à un seul constat.

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Publié par Lee Rony - dans J'ai vu
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