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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 08:00

Lovecraft, a Biography – Lyon Sprague de Camp - 1975 – traduction, notes additionnelles et annexes par Richard D. NolaneNeo

Préface de François Truchaud.

 

À la mémoire des Trois Mousquetaires de WEIRD TALES

ROBERT E. HOWARD

H.P. LOVECRAFT

CLARK ASHTON SMITH


 

Lyon Sprague de Camp est né le 37 novembre 1907 à New York, il est mort le 6 novembre 2000 à Plano, au Texas, le jour de l'anniversaire de son épouse défunte avec laquelle il avait été uni pendant 60 ans. Il est l'auteur d'une centaine de nouvelles de science-fiction et de biographies, de Robert E. Howard d'abord et de celle qui nous intéresse aujourd'hui. Il a aussi largement utilisé des brouillons du premier pour continuer le cycle du héros principal de celui-ci : Conan. August Derleth avait pour projet d'écrire la biographie du Maître de Providence, la mort l'en empêcha et Sprague de Camp reprit le flambeau.

SdC, dès sa préface, précise ne pas avoir voulu écrire une hagiographie, mais, pire, il avoue avoir mal compris Lovecraft, ce qui est ennuyeux pour approcher un auteur et analyser son œuvre. Il a pourtant passé de longs mois à lire lettres et textes pour découvrir le sujet de son livre et livrer une somme de détails que tout admirateur de HPL se doit de connaître. Une biographie ''à l'Américaine'', allant dans le détail pour reconstituer une vie où réalité et fiction se mêlent, prouvant que l'imaginaire est la source de ses contes pour Lovecraft, celle aussi qui lui permet de supporter une vie par ailleurs en butte à de nombreuses difficultés.

La chronologie est respectée, l'auteur présente la mère ''monstrueuse'' de Howard, ses tantes, son épouse, Sonia Greene qui fait vivre le couple quand il s'installe à New York. Il poursuit avec l’œuvre, jugeant avec condescendance, sinon mépris, l'incapacité de Lovecraft à se faire (re)connaître, éditer. SdC réussit davantage, il avait l'ambition, et les relations, pour cela, avec pour résultat une production que nous... j'allais dire : que nous connaissons, mais non, justement, nous ne la connaissons pas. Difficile en effet de comprendre ce qui nous dépasse ! Et continue en raillant la qualité littéraire de nombreux textes, HPL tapait avec deux doigts, ce qui vaux mieux qu'écrire avec ses dix doigts, de pieds. Du point de vue d'un homme attaché à la réussite, à la normalité bourgeoise, la vie de Lovecraft peut sembler ratée et SdeC pense visiblement que l’œuvre n'est que partiellement réussie non plus. HPL était vraiment (d')ailleurs, un monde que Lyon ne pouvait arpenter, mais nous, oui. Surtout moi !

Il ne semble pas qu'une biographie du biographe ait été publiée.

Reconnaissons pourtant l'honnêteté du biographe qui replace les idées ségrégationnistes ou racistes de Lovecraft dans le contexte de son époque et de sa famille. Il ne rencontra jamais le sujet de son livre, à l'époque où il l'écrivit celui-ci avait disparu depuis longtemps mais en 1932 il se trouvait à Boston, à 1h de chez lui.

Howard n'est pas pour autant une idole à adorer, et n'eut pas voulu être ainsi traité, l’œuvre a-t-elle vampirisée l'homme où les deux formèrent-ils un couple indissociable ? Derleth eut-il produit un livre plus intéressant ? Ce n'est pas sûr, lui était un véritable fan, ce qui est rarement une qualité pour un travail de ce genre.

Quel intérêt de lire ces 500 pages alors ? Il est dans tout ce qui est rapporté, du 454 Angell Street où Lovecraft arriva avec sa mère alors qu'il n'avait que 3 ans. Son père ayant perdu la raison et été enfermé c'était la seule solution. Susie devait prendre un chemin semblable, elle mourut 18 ans plus tard. Entre temps, obsédée par l'idée que Howard constituait son seul univers elle focalisa son attention sur lui, veillant au plus petit détail avec une minutie maniaque. S'ajoute à cela le fait qu'elle aurait voulu une fille et favorisa les aspects féminin de son fils au détriment des autres, au point que celui-ci affirma un temps être une petite fille.

Pas étonnant qu'il ait connu plus tard des difficultés avec Sonia... Howard était intelligent, précoce et doté d'une mémoire étonnante. À 3 ans il savait lire, à 4, écrire. Arrivé dans la demeure d'un grand-père lui aussi spécial, il disposa de 2000 volumes, dont certains vieux de plusieurs siècles, pour nourrir sa curiosité.

N'en lisez pas tant, oubliez les opinions de l'auteur et vous aurez une bien meilleure connaissance de la vie de Lovecraft. Pour cela, ce Roman d'une vie, vaut de figurer dans votre bibliothèque.
 

Réédité chez Durante.

 

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Publié par Lee Rony - dans J'ai lu Lovecraft
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